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Un poil' enceinte et des poussiereuh

Month

December 2013

 

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Enceinte, il s’agit d’abord de nouveaux rendez-vous. Et par rendez-vous, n’allez pas vous imaginer le resto cinq étoiles ou le teint écarlate qu’on nous vend dans les rayons de : je suis enceinte donc je rayonne.

Je vous aime mais pas à ce point.

Dorénavant la question sera :

Voulez-vous vomir avec moi ce soir?

Et si pas ce soir, alors ce matin, cette après-midi?
On fera cela main dans la main mon ami, mais je t’assure, mais dans la main !
Et puis vomi un jour ne veut pas dire, vomi toujours, m’enfin non, voyons!

J’ACCUSE.

Le numéro 1 des beurk: La LABNEH.

Je ne dévoilerais pas ici le nom de l’épicier qui m’a fait la faveur de m’indiquer le pot de Labneh dont je raffolais avant d’en connaitre les terribles affres!
( Je t’aime bien au fond).

« Ah, la labneh, c’est pas passé habibi! Toujours pas? Un bidet? ».

Je vomis.
Un coup.
Deux.
Tu sais compter, non?
Alors vas-y.

(Pour ceux qui ne sauraient pas ce que signifie Labneh, ignares ! il s’agit d’un fromage blanc Libanais.

Nonobstant ce détail, je ne peux (pour l’instant) que méditer sur la pensée que tout cela ne me dit rien sur le bébé.
Recap.

BB : 1.nom masculin, ( du grec bebus), {se prononce BB en temps normal, ou BBB en temps de vomissements intempestifs, ou alors encore bb ( voix mielleuse), celle que tu as quand tu l’annonces fièrement pour ensuite degueuler ton charme dans les chiottes}. 2.Etre qui grandit en soi et qui l’exprime avec des nausées d’amour, des dessins de crampes, et des bisous de remontées acides.
PS (3) : un bb finit par grandir et devenir un enfant (pour voir définition, se référer a la page 4653).

En vrai, le BB ( un prétendu haricot !) il dit : “Je suis bien là maman, et pour que tu en aies conscience, et que tu comprennes que ta vie passée est PASSEE, va falloir vomir un coup”.
Mais c’est qu’il est mgnon, celui-là!

Allez maman un ptit effort !
Allez, t’y es Presque…
Mais non fais pas cette tête M’man
Ouais, mais ne déborde pas…

Désolée, fallait que je vide mon sac de vomi.

Il m’arrive quand même parfois de me demander pourquoi je suis tombée enceinte.
La plupart du temps en fait. J’avoue.
Tu dis que je ne suis une mauvaise mère … mais ça ne me fait rien, tu sais.
Car je vais te dire, moi ce BB, je le voulais, oh oui. Je crois depuis toujours, je le voulais.
En ado féministe, adepte des grandes branlettes discussions intellos, je me suis posée les questions existentielles du :

“Mais pourquoi on peuple la terre pardi?”
“C’est terrible, les ramener au monde pour qu’ils souffrent”
“C’est égoïste d’avoir un enfant”
“Les femmes carriéristes n’ont pas d’enfant”.

Et du coup, j’ai tout lu sur ‘’ l’instinct maternel n’existe pas’’ de SD Beauvoir, et sur celui, ‘’ mais si, Simone, il existe, mais quand les conditions économiques sont favorables… » de E.Badinter ( t’as vu, j’ai retenu quelque chose et je connais des noms- applaudissements), mais- et alors que je ne réfute aucune thèse sur le sujet ( non, je suis le genre ouverte des neurones), ce désir chez moi a toujours existé, et d’ailleurs, quand j’avais mes règles et que mon ventre s’arrondissait, je m’imaginais que c’était un ventre de grossesse et fallait voir mes yeux s’attendrir sous ce tableau ( bien sur volets, portes, fermes).

Mouais mais ça, c’était avant.

Avant les nausées, avant les crampes, mais surtout.

C’était avant que je dise le mot : bébé.

Ah bah oui parce que ce bébé, c’est qui au juste ?

C’est qui…C’est quoi…
Ok, il aura (espérons) des bras mais…
Il va me dire quoi, il va vouloir quoi, il va être triste ou heureux ?
Pourvu qu’il ne soit pas triste et qu’il ne me dise pas un jour : maman, pourquoi on fait des bébés ?
Ou alors pire encore, qu’il arrive sur ses grands chevaux d’intello, se tordant sa minuscule barbe naissante d’ado, avec un :
“Non mais dis donc, j’y pense, pourquoi assurer sa descendance dans un monde cruel et sans complaisance ? (ouais j’ai pas pu m’empêcher de faire des rimes).
Je ne saurais pas quoi lui dire… MOI, à cet ado effarouché.
Ou alors si je lui dirais ce que m’a dit mon ami Hervé hier soir :
« Ces petites choses tu sais ça donne plein mais plein d’amour »
A ces mots, j’avais les étoiles dans les yeux, j’allais pleurer.
Il a bien dit :
Plein….
D’amour….
Je lui dirais ça, tiens au pre pubère, au boutonneux, au morveux.
Ahhhh, je vous jure.

Je me sens mieux déjà.

Tu seras enceinte des seins, ma fille.

mon positif

Ah ce gentil soir, où collée à mon chéri, je sentis son doux souffle sur moi, dans le froid de Novembre réchauffer le bout refroidi de mon nez… Ah, cette chaleur étrange qui tout à coup m’enveloppe de ses tentacules bras annonçant très certainement une nuit bien réparatrice…Cette chaleur….qui fait penser que oui, oh, c’était bien beau Bali et le soleil…Bali et les cocotiers…Bali et les interminables restos, plages, cours de yoga, et champs de blé.. Cette chaleur (tiens ça commence à chauffer) qui me berce comme un bébé… (eh oh, c’est quoi ces picotements)….Chaleur qui vient de je ne sais où précisément, qui commence à me brûler….Chaleur qui me tient chaud chaud trop chaud qui punaise c’est quoi ce bordel….Chaleur, eh oh, réveille-toi maintenant Baudelaire, il serait ptet temps de vérifier et de calmer l’incendie.

Sursaut du lit.

Il fait noir caca dans mes yeux, et ça parle pas beaucoup, le plafond noir. Et le ronfleur près de moi non plus, parle pas beaucoup, alors on lui souffle quelques ”tu vas te reveiller, oui, car eh, devine quoi, un pompier, ça travaille en équipe !”’… Mais non, il ne travaille pas de nuit ce soir, qu’on dirait. Catastrophe naturelle ? Une de plus, une de moins…. Fait pourtant40 degrés à l’ombre entre la torture l’armature de mon soutien-gorge et mes pauvres bretelles surexploitées. Sûr qu’on pourrait à ce rythme faire bouillir chauffer une tasse de café sur ma poitrine, car ça y est, je vais exploser de l’intérieur de mes deux obus, je vais changer la couleur des papiers peints et ça va être l’œuvre d’art du siècle….
Mais réveille-toi bordel ! Je veux pas souffrir seule.
Alors, entre deux ronflements, le plafond moqueur qui vous fixe, voici le mot, oui celui que j’avais laissé promener tranquillement sur mes lèvres la veille, car oui, pour la première fois je n’avais pas eu de prérègles (vous savez ces jolis ronds rosés au fond de la culotte qui chuchotent : on arrive, réserve-nous une serviette une place !) Le mot…qui a tout de suite reçu un revers droit de la part de ma meilleure amie qui avait statué : ‘’mais na, te fais pas de films, , c’est ton premier essai’’. Le mot…cherché et recherché sur internet avec pour acolyte inséparable, l’ami de tous, ‘’symptôme’’. Je l’adore celui-là, car il est toujours accompagné de s. Le mot….qui me mettait dans des états contradictoires : je veux je veux pas, je suis prête, je suis pas prête, ce mois, le mois prochain, un bébé c’est la fin de….un bébé c’est le début de….

Ahhhhhhhhhhhhhhhhh et cette impression tout à coup que je coexiste avec ma poitrine, et que, cela ne me gênerait pas du tout de la poser là juste à côté de moi, avec toute sa lave ardeur, elle servira de bouillote au mieux.

Le mot….qui est resté dans ma tête jusqu’au petit matin, où, ne regardant ni à gauche, ni à droite, test de grossesse à la main, je m’assieds confortablement sur le bidet ( tiens qu’il est froid celui-là), et fait pipi quitte à m’en salir les doigts ( m’enfin quand même j’ai jamais compris pourquoi le pipi était dit sale, mais façon de dire), je retire de ma chose (ok mon pubis), le test qui annonce sans répit, sans le moindre doute, sans les (eh euh toi t’as attendu les trois minutes, ptet que tu l’as fait trop tôt ?, c’est une barre ou deux barres? ), que je suis enceinte, oui, oui, et oui, ENCEINTE pour de bon, enceinte pour de vrai, enceinte, enceinte, enceinte.

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