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Un poil' enceinte et des poussiereuh

Month

January 2014

le pain de ton papa

Ton papa a fait un pain avec ses mains. Il l’a enveloppé d’un tissu strié rouge et blanc, puis l’a laissé refroidir doucement dans son habit.
C’est un pain joliment habillé. C’est aussi un pain sans blé. Un pain qui ressemble à ton papa.

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Relax, you’re pregnant

wholehearter.blogspot.com
wholehearter.blogspot.com

Combien de fois, s’entend-t-on dire ou dit-on aux autres, avec une aisance étrange : relax…ce n’est pas la fin du monde. Ou alors, relax, ça te fera du bien…ou encore, relax, c’est qu’un passage….tout ira bien…

Maintes fois, certes.

Même les medias et les entreprises tablent sur ces formules expresses. « Relaxez-vous, votre banquier s’en charge », « relaxez-vous, votre assurance-vie s’en occupe », « relaxez-vous, vous êtes ici comme chez vous » (en évoquant un supermarché).

ebay.fr
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C’est que ces mots sonnent bien, et comment… il est de notoriété publique que la relaxation est permet de conserver une bonne santé physique et mentale ….

Il est important néanmoins de faire attention à la puissance des mots, à l’impact qu’ont ces derniers sur nous, à leur utilisation qui semble hasardeuse, mais qui est aussi très bien étudiée par les pros du marketing.

Car la relaxation, la vraie, n’est pas un mot qu’on peut lâcher comme ça, comme un bonjour. Elle requiert un espace, un état d’esprit, une méthode et un style de vie approprié.

De plus, il n’est pas juste de dire à un client de relaxer lorsque l’atmosphère dans laquelle il évolue exige de lui de se concentrer sur plusieurs choses à la fois. Lui demander cela, c’est lui demander l’impossible et le mettre dans un état de contradictions internes, ce qui constitue une véritable arnaque psychologique.

Et puis d’abord, ça veut dire quoi relaxer au juste ?

Est-ce qu’on peut par la force de l’esprit arrivé à un certain niveau de relaxation ?

Est-ce qu’on peut se convaincre qu’on est relax ?

Est-ce qu’on peut se forcer ?

Non.

La relaxation pour certains est facile, et pour d’autres difficile, voire peut même sembler au départ, impossible.

D’expérience, j’ai  vu de nombreux élèves, très rigoureux pendant les asanas (postures de yoga) mais incapables de se relaxer ne serait-ce que quelques petites minutes….

Alors pour relaxer, il y a des méthodes…cet article parlera d’une d’entre elles. La relaxation en fin de cours de yoga.

Etant donné que je m’adresse à toutes les femmes enceintes, j’emets ici aussi l’hypothèse d’une relaxation qui se ferait en dehors d’un cours de yoga.

Savasana

Dans le jargon sanskrit, on désigne de relaxation, le « Savasana » (devanāgarī : शवासन, śavāsana), qui veut dire : posture du cadavre.

En effet, en général, cet asana se fait allongé sur le mat, les bras et les jambes ouverts à 45 degrés du corps.

Pour la femme enceinte, néanmoins, cette posture n’est pas relaxante. Elle est donc invitée à se mettre sur le côté qui lui convient, les jambes pliées. Elle peut mettre un coussin entre les jambes, comme sur la photo ci-dessous :

ajnayoga.ca
ajnayoga.ca

 

La Méthode de relaxation :

La relaxation suit toute séance de yoga. Elle peut durer de 10 à 15 minutes. Maintenant, on peut tout à fait relaxer de cette façon en dehors d’une séance de yoga. C’est une méthode extrêmement utile pour se détendre, se déconnecter un peu de l’agitation mentale, et relaxer.

 

Voyons ensemble les étapes !

  • D’abord, il est important d’être bien habillé pendant la relaxation si l’on est dans une pièce fraîche. Apres les asanas (postures), il est conseillé de mettre un pull ou de se recouvrir d’une fine couverture pour être le plus à l’aise possible.
  • Si vous relaxez seul, allumez de l’encens et éteignez toutes les lumières. L’obscurité permet de mieux se plonger dans son corps astral.
  • Plusieurs options sont possibles, alors ouvrons-nous à chacune d’elles : on peut vous faire faire la relaxation (un prof dans le cadre d’un cours, votre conjoint hors du cours, une amie etc ou vous –même par une autosuggestion personnelle…). Dans tous les cas, la première étape est de connecter avec la respiration, et plus précisément l’inspiration et l’expiration.

Donc primo, on s’allonge, on se couvre un peu surtout en hiver, puis on commence à faire la respiration abdominale.

–         A l’inspiration : on gonfle le ventre (mettre un coussin sur le ventre pour le sentir monter si on le souhaite)

–         A l’expiration : on rentre le ventre

Ce qui donne verbalement : inspiration, abdomen dehors, expiration, abdomen dedans (Inhale in, exhale out, inhale, abdomen in, exhale abdomen out)

On continue la respiration abdominale pour quelques minutes. Prendre son temps.

Puis, on commence à se concentrer sur chaque partie de son corps. D’abord, on pense au contact du corps entier avec le sol (ou la terre).

Ensuite, on commence par les pieds en suggérant mentalement à soi-même :

–         Je relaxe mes orteils, mes orteils sont relaxés

–         Je relaxe mes jambes, mes jambes sont relaxées

–         Je relaxe le bas du dos, le haut du dos, les omoplates, mon dos est relaxé etc…

On travaille mentalement chaque partie du corps, en répétant ces phrases, pour en arriver au cou et au visage. On termine avec les organes internes.

Attention ici de prendre son temps entre le prononce de la première partie de la phrase, et la deuxième. En effet, quand je me dis à moi-même «  je relaxe mes orteils », cela veut dire que je visualise ces orteils et j’établis avec eux une connexion. Une fois cela fait, je peux dire : mes orteils sont relaxés.

Evidemment, si on est seule, on peut se faire cette autosuggestion. Elle aide à dormir, à relaxer, à se faire beaucoup de bien !

Si une autre personne peut nous faire faire la relaxation, c’est encore mieux, surtout si la personne en question a une voix douce et harmonieuse, et investit son énergie dedans.

On évite la musique, surtout accompagné de mots, il est important d’être dans un certain silence. Maintenant on peut tout à fait accompagner la relaxation d’un instrument, mais après quelques relaxations dans le silence, après s’être habituée a la méthode.

Une fois qu’on a fini de relaxer chaque partie de notre corps, on reste environ cinq minutes dans la posture du cadavre (ou celle indiquée quand on est enceinte), puis tout doucement on se soulève, grâce aux mains, pour s’assoir dans le tailleur.

On pourra ici chanter OM trois fois de suite.

omsweetomyogalv.com
omsweetomyogalv.com

YOGA et GROSSESSE : c’est possible

Enceinte et yoga?

L’une : Je vous assure la souplesse, c’est une affaire de quelques séances…”

L’autre : ” Aie, aie, aie!”

site : bebeours.com
site : bebeours.com

Mais oui, c’est possible…

yoga fun

Il existe d’ailleurs à cet effet une spécialité : le yoga prénatal (et même le yoga postnatal alors, c’est pour dire !). Mais il faut savoir que les postures varient selon le trimestre.

Pour quelqu’un qui pratique régulièrement et depuis au moins quelques mois, le premier trimestre ne devrait pas présenter de difficulté majeure, du moins d’obstacles au niveau de la physionomie même. Petit hic : c’est qu’au premier trimestre, en général, beaucoup de femmes sont nauséeuses, fatiguées, ce qui ne leur donne aucune envie d’aller sur un mat. En tant que pratiquante régulière, j’ai dû m’arrêter un mois et demi.

Maintenant pour celles qui en sont au deuxième et au troisième trimestre, j’ai sélectionné ici quelques postures, extraites du livre : the new book of yoga, Sivananda yoga centre, qui consacre un chapitre au yoga pour femmes enceintes.

Je traduirais les extraits de l’anglais au français, quand c’est utile et donnerais aussi quelques infos supplémentaires si besoin est.

maternity

Pour profiter de l’article, je vous inviter a cliquer sur les images pour bien visionner les postures.

Alors on commence par le commencement et cette image, qui parle de la maternité et du yoga.

 Il est ici expliqué que la pratique de yoga peut contribuer à un meilleur accouchement, qu’elle donne à la mère la force, l’énergie et le calme nécessaire à l’approche de la délivrance. Cette intro souligne également l’importance de la méditation qui permet de lutter notamment après l’accouchement contre la fatigue et le stress.

Posture n : 1- le croissant de lune
Le croissant de Lune

Posture idéale pour préparer la zone pelvienne pour l’accouchement, renforcer les jambes et le bas du dos. Je recommanderais ici de garder la posture pour au moins une minute de chaque côté. Bien-sûr, s’il y a une douleur ou quoi que ce soit, il faut s’arrêter. Toujours écouter son corps et ses besoins. Alors, sur la photo, la femme met les mains sur les genoux, mais ce n’est pas obligatoire. On peut aussi lâcher les mains si on se sent bien.

Posture n 2 : le Twist

Le twist
Alors, ici, le twist sert à rendre le dos plus flexible. Attention avec cette posture, il ne faut pas forcer et aller dans la posture très doucement. Donc on s’assoit en tailleur, une main derrière le dos. On doit faire la posture des deux côtés. On peut rester une minute pour chaque côté. Pour bien ‘’twister’’, on regarder derrière la main, vers le haut.

Posture n :3 : le chat
Le chat

Je l’adore celle-là. Donc on se met à quatre pattes comme sur la photo. Attention ici, à écarter les jambes selon la grosseur du ventre. On ne voudrait pas exercer de pression sur celui-ci !

D’après le livre, cette posture va renforcer l’utérus, atténuer les douleurs du bas du dos, et permettre une respiration plus profonde.

Alors, quand on s’est mise à quatre pattes, on arche le dos en inspirant et on regarde vers le haut, puis on fait un dos rond en expirant. On répète au moins dix fois. On fait bien attention à inspirer et expirer profondément.

 

Posture n : 4 : Le squat et le papillon contre le mur
Papillon et squat sur le mur
Alors on aura compris ici que besoin de mur est. Les jambes sont contre lui, les genoux pliés. On a deux options : soit le squat, auquel cas, on ouvre les jambes un max pour permettre aux cuisses et aux hanches de s’ouvrir. Sinon, on peut faire le papillon en rapprochant les jambes les unes des autres de façon répétée comme les ailes d’un papillon, de manière à ce que les genoux se touchent.
Alors sur l’image, les mains sont sur les genoux, mais on pourrait aussi tout à fait relaxer les bras et les mains.

Posture n : 5 Le shoulderstand( ou la chandelle) sur le mur
Shoulderstand contre le mur
Alors ici, on essaie de se coller un max au mur, et on lève les jambes d’abord. Puis petit à petit, on met les mains sur le bas du dos et on lève les fesses ( si on peut ). Ah ça fait du bien ça ! Bon, alors on peut aussi lever les jambes, l’une après l’autre pour étirer. Il vaut mieux garder la posture pour une minute afin d’en avoir tous les bénéfices.

Posture n :6 : Le cobra
Le cobra

Alors normalement, le cobra se fait allongée sur le ventre. Mais on aura compris qu’enceinte, eh ben…ein. Ouais.
Du coup, on fait le cobra debout. C’est la variante. Les mains peuvent être sur le dos, les doigts entrelacés. Le but ici est d’ouvrir la région de la poitrine. Donc on inspire et en expirant on ouvre la poitrine et on laisse tomber la tête en arrière. Puis on inspire de nouveau et on arche le dos en laissant les bras en arrière. Pour aller encore plus loin, après avoir archer le dos, on peut pousser les cuisses en avant (ce qui les renforce). Mais pas trop, hein, on ne voudrait pas tomber.

Posture n : 7 : le chat, jambes levees
Chat jambes levees

On est dans le chat, comme tout à l’heure, donc les mains en dessous des épaules, à quatre pattes.
Ici, on lève la jambe gauche puis la jambe droite et on répète. On renforce ici les jambes et le bas du dos. Pour aller plus loin, on peut aussi ramener le genou vers le front a quelques reprises. Et répéter pour l’autre côté.

Posture n : 8 L’arbre (ou le tree)
Tree
Il s’agit ici de mettre un pied sur la cuisse opposée, ramener ensuite les mains ensemble puis tout doucement monter les mains vers le haut pour faire l’arbre. Evidemment pour les débutants, cette posture demande de la pratique, mais plus encore de la concentration.
Attention, on ne se met pas la pression. Si on n’arrive pas à mettre le pied sur la cuisse, alors on peut le mettre ailleurs, un peu plus bas. Il faut savoir écouter son corps. Une fois le pied bien fixé, on se concentre sur sa respiration, et ce n’est que lorsqu’on se sent prêt, qu’on réunit les mains en prière. Puis on peut les lever. Et on recommence de l’autre côté.

Posture n: 9 : Le squat

Extrait du livre the new book of yoga, sivananda yoga centre
Extrait du livre the new book of yoga, sivananda yoga centre

Le squat, est excellent pour préparer à l’accouchement. On fait comme sur la photo, on peut se balancer d’avant en arrière, ou de gauche à droite, de manière à faire danser le bassin, à donner plus de flexibilité aux cuisses, à faciliter aussi la posture du squat en tant que telle. Si possible, faire cette posture tous les jours quelques minutes.

Dans un prochain post, je parlerais de la relaxation, un must pour toute séance de yoga.

A story about Haïku, light & love

lilypaddle.blogspot.com
lilypaddle.blogspot.com

I’m writing this post in English for my English speaking friends for whom I promised to translate my former posts, which obviously I did not. So, today a special one for you guys.

Today we’ll talk about Haiku.

Basho says in the preface of this book :

Editions le petit mercure
Editions le petit mercure

 

« La lumière qui se dégage des choses, il faut la fixer dans les mots avant qu’elle ne soit éteinte dans l’esprit » :

” We have to fix the Light that comes from things into words, before it’s shut down in our minds”.

As the book says, haiku makes “satori” happens: it’s the suspension of time, the extraordinary coming from the ordinary, the sacred seen in the heart of daily life.

You see, my love, when we grow up, we tend not to see the beautiful shapes of life, we tend not to be present enough. As when we are kids, we are always amazed of life’s different aspects, we’re fascinated with colors, animals, spaces which seem so big, time which seem so long. But, most of the times, as we grow old, we lose interest in this amazing flower that is life, we lose this innocent and bright look at things, we become bored, unsatisfied, always looking for happiness in something else than what is given. We forget that the beauty came from us, from the way we looked at things and not from things themselves. We look for higher state of fulfilment, not being able to find it in our hearts. And we can even come to the state that life is meaningless, despite all the signs given that prove the contrary. We expect only to receive, and never to give, when In fact, an eye can’t see properly if it doesn’t suffer first, if it doesn’t receive life as it is, with its grieves, with its suffering. How can we know the beauty of things, if we think that we are separated from them? How can we long for a natural landscape when we got disconnected from nature itself?

Two days ago, I was gazing at a bird, next to our door, who was trying to eat a piece of bread. I felt so happy about it, about the way the bird was happy about eating. My whole body shacked. I felt birdy myself. I realized that we have an animal nature within us, that is asleep and that we can awaken.

Now let’s go back to the Haiku.

I really love this one from Basho:

“Les cigales vont mourir

Mais leur cri n’en dit rien »

The cicadas are going to die

But their cry says nothing about it.
haiku 2

I interpret it as the fact that being overwhelmed with our problems, our sadness sometimes, we forget the essential: that things don’t last.

As the cicada will eventually shut up, when it cries, it is so annoying that our mind is only focused on this. Same with pain.

But pain, happiness, joy, any state of mind or body never lasts. Everything is moving, everything is living its own life.

There’s another one I also love from Jack Kerouac :

“Eternally floating, and sensitive, is clouds activity”.

This reminds me of how life goes by. Eternal and yet changing. Eternal and yet relative for a lot of us.

Eternal and repetitive.

This one is about you, about the kid you will be :

« Bouchee bée,

L’enfant regarde tomber les fleurs-

C’est un bouddha”

Mouth closed, the child stares at the flowers. He’s Buddha.

 It reminded me of Nasr Eddin Hodja story. For those interested with these tales, this book is a must :
La sagesse extravaguante de Nasr Eddin

So the story now.

One day, Nasr Eddin Hodja and his son are having a serious conversation, but the son is not listening.

Suddenly, Nasreddin gets mad :

–         Why aren’t you listening boy ? He asks.

And the kid replies :

–         I was starring at the bee that is flying around your nose.

Nasreddin face immediately becomes radiant :

–         My son is a wise man ! My son is a wise man ! he shouts loud.

 

This is present, my love. Present is not so concerned with spoken words. It’s more concerned with silence.

Haiku says the silence, puts it into words.

These are not agitated words, these words were not meant to make you feel something good or something bad, or anything.

They are just the testimony of being present.

 

I’ll end this post with this Haiku of Fykyo Matoa :

« Dans sa bienveillance, son amour suprême,

Le bouddha s’emploie à faire corps avec l’écorce

Et absorber les douleurs du monde »

In his benevolence, his supreme love,

Buddhas makes body with the bark and absorbs all worlds grieves.

On va parler palpitant, appétissant, bouffe, et tralala. Mais aussi hosto et tralamoins.

Dont ton papa raffole... qui nous a vus manger les patates avec un apetit monster et assume !
la cuisine dont ton papa raffole…
ce témoin constant de notre gourmandise assumée !

Tu viens de me donner deux coups de pieds. Est-ce à dire que je dois te raconter une histoire pour que tu (je) dormes bien en moi (en moi) ce soir ?

Bon, très bien, je ne me ferais pas priée….

On va parler palpitant, appétissant, bouffe, et tralala. Mais aussi hosto et tralamoins.

Ce matin, direction hôpital pour quelques examens, pour évaluer si si tout se passe bien en moi, et in fine si tout se passe bien en toi, qui navigues dans les eaux précieuses de mon utérus.

Alors, j’ai eu droit à deux piqûres : une à droite, l’autre à gauche, ce qui m’a rendue un tantinet syndicaliste chevronnée, à cheval sur mes droits. Du coup, grève : je n’ai pas porté les courses.

Par contre, j’ai bel et bien coupé les pommes de terre. Tu dois rire, ein. «  Elle a coupé les pommes de terre et elle se prend pour une reine ! ». Oui, mais…Mais j’avais mal au bras. Ce qui fait de moi une reine, une vraie, la reine des rondelles.

Nous voilà dans la cuisine. Tu dois te dire qu’on y passe beaucoup de temps dans cette cuisine ! C’est que ton père est un gourmet qu’on ne refait pas, un abonné aux magazines alternatifs, dont il commande un bon nombre dans une jolie librairie Beyrouthine, Papercup.

[caption id="attachment_136" align="alignnone" width="225"]Un des magazines de ton papa. Un des magazines de ton papa.

Une de ses grandes passions : concocter des mets végétariens ou végétaliens. Au menu, aujourd’hui : la soupe Japonaise Macrobiotique Clear Broth.

C’est une soupe très saine et utile lorsqu’une personne envisage un detox. C’est la première fois que ton père s’y attèle. Alors il faut pour cela, de l’eau chaude, des chitaki (champignons japonais), des oignons verts, des algues marines et du tamari. Bien-sûr un peu de sel rose des Himalaya aussi.

Ce qui donne cela :
soupe mayumi

 

On a aussi préparé des pommes de terre avec de la crème de noix de coconut, des oignons, et du brie. Ce qui donne cela :

patate oignons, brie, coconut
patate oignons, brie, coconut

et aussi un grand :

comptoirdesfees.canalblog.com
comptoirdesfees.canalblog.com

2echo : Un vrai MALINOU

bebe a 13 sa

Ce matin, deuxième écho, cette fois-ci, grande classe. Moi allongée tranquille sur le dos, l’écran en face de moi, petit bébé vu dans plusieurs positions, sous différents angles de vue.

Je dormirais presque ici, et puis me faire malaxer le ventre, c’est plutôt agréable, je trouve.

On voit son sexe? Non, car bébé dort, et tout ce qu’il veut bien montrer, ce sont ses fesses. En plus, il n’est pas prêt de bouger. Il adore ça, dormir.

On le mesure, de la tête aux pieds.

Le doc : Votre bébé est bien grand dis-donc, enfin plus grand que la norme.

Moi : Le mien, vous êtes sur ??

«  Il naitra peut-être avant Août » dit le docteur. Je dirais fin juillet. Ma tête : Ah non, non, non, redeviens petit, le minou !

Mon mari: tu es sûre pour la date de tes dernières règles ? (date à partir de laquelle on estime l’âge de la grossesse, Gérard, voyons !)

Moi : Mais oui, oui, sûre de chez sûre, je l’ai même notée, cette date.

De nous deux (tes parents merveilleux et adorables), personne n’est bien grand alors ça m’a un peu surpris. Et puis, qu’on me dise que tu grandis bien, bah, ça m’a fait plaisir. Enfin le mot plaisir ne s’y prête pas. Ca donnerait plutôt ça :

hubwin-mamans.com
hubwin-mamans.com

 

Je rencontre à la clinique une amie gyneco.

Elle : Maya, tu as maigri !

Moi : Oui, oui…Les nausées, les …

Elle : Maintenant faut prendre un kilo par mois, ein ?

Ma tête : ya quoi déjà au déjeuner ?

 Je pensais que je ne mangeais pas assez….Mais voili voilà, preuve est que lui, le bébé il sait très bien comment se nourrir, et où chercher ses provisions le malin. C’est un coquin, ce minou. C’est un MALINOU.

Quand le corps, il dit non ( to be continued)

yoga enceinteA l’aube de mon quatrième mois, après des semaines d’incapacité à lever le pied, ne serait-ce que pour en gratter l’entrejambe, me voilà propre et assumée, remise sur le mat, me donnant à cœur joie aux salutations au soleil.

La joie, je vais vous dire, c’est de sentir ces craquements dans le dos quand je plie mes bras en arrière, puis me pencher pour toucher la terre avec les paumes bien étalées sur le tapis, la tête baissée, et les genoux complètement droits ; cette sensation de se plier comme une chaise, et de renouer avec les parties de son corps, de relier le bas au haut, et de laisser s’écrouler au sol, toutes les tensions logées dans ces parties. Ce qui donnerait un peu cela :

http://www.yoga-safran.fr/article.php?article=yoga-la-salutation-au-soleil
http://www.yoga-safran.fr/article.php?article=yoga-la-salutation-au-soleil

Jusque lors, tout allait bien. Je m’étais même convaincue que je pouvais continuer à ce rythme pour encore très longtemps…Pourtant, ne nous y trompons pas, la notion de temps change quand on est enceinte. Avant il y a avait les mois. Ajoutez-y un complément du nom, et vous obtenez désormais les mois de grossesse. Avant, il y avait des trimestres, marquant le plus souvent un changement de saison. Désormais, il s’agira de passage d’un état de grossesse à un autre, avec la folie des hormones et les petits maux.

http://www.neufmois.fr/ma-grossesse/1047-psycho-les-sautes-dhumeur
http://www.neufmois.fr/ma-grossesse/1047-psycho-les-sautes-dhumeur

Avant, il n’y avait pas de terme. Maintenant il y a cette date fatidique qui semble plus ou moins vous dire : à ce moment-là, habibi, tiens-toi bien, car tout va changer….

Du coup, hier soir, en plein ‘’touche la terre’’, mon corps m’a regardée droit dans les yeux :

–         Ecarte les jambes, Maya. Je te dis écarte!

Et moi de répondre : “je ne veux pas, je ne veux pas”.

Comme un enfant qui refuse de grandir.

Pour ceux qui ignoreraient de quoi je parle, il s’agit ici d’une variante des salutations au soleil, prévues spécialement pour les mères en devenir, et permettant de reconnaitre et d’épanouir ce ventre qui entre les deux jambes se pointe et s’étale généreusement. La vérité, je ne voulais pas l’avoir en pleine face. Quand on a choisi d’être sourd, seule une bonne claque nous réveille. J’ai poursuivi les salutations au soleil, comme je le faisais lorsque mon ventre était plat.

Et …

Oh joie,

Joie bonheur,

Joie car oh, je me sens bien !

Je me sens tellement bien ( aie…)

Puis moins bien ( aie, aie, aie)

Puis nettement moins bien ( ouille)

Puis, rattrapage de mon corps qui cette fois-ci n’est pas passé par des négociations ou autres pourparlers. Mal de ventre criant se faisant, j’ai dû m’arrêter….

Et oui, j’ai recouvert l’ouïe.

Tout cela vient à pic, avec ma volonté de faire le certificat d’enseignant de yoga spécialisé en yoga prénatal….

Mais revenons-en à cette réalisation, celle qu’en réalité, si, il y a bien quelque chose qui ‘’change’’ et qu’on a beau vouloir contrôler, la prise de ventre, elle, ne demande d’avis a personne.

Cette réalisation vient aussi en renchérir une autre. La prise de poids inévitable, qui sous-entend un lâcher prise et une autre façon d’aborder le corps. Ce n’est pas uniquement la dimension visuelle du corps qui s’en trouve modifiée, c’est aussi sa place dans l’espace, ses mouvements, son approche sensuelle.

Depuis que je suis enceinte, je ne me vois pas pareil. Le yoga avait musclé mes bras et mon ventre. Il faut maintenant dire au revoir au joli ventre musclé et regarder ce nouveau ventre s’épanouir, porteur d’autres promesses. Il faut dire au revoir aux bras forts, et les regarder aussi comme des bras portant la tendresse.

J’ai compris que :

Accueillir un enfant dans son corps, puis dans sa vie, c’est lâcher un peu de lest sur notre emprise du monde.

Maintenant que j’ai un ventre, ma terre s’est divisée. Maintenant que je peux m’arrondir, le monde de mon corps s’est divisé aussi. Avant je pouvais toucher mes pieds avec aisance, avec les paumes étalées. Maintenant je dois écarter les pieds; je pouvais aussi ouvrir ma poitrine en balançant mes bras en arrière, desormais je dois me contenter de lever les bras vers le plafond. Quelle que soit la façon dont mon corps se plie, un ventre central, coordonne mes mouvements, et limite mes allées et venues.

Avant, je pouvais miser sur un tel ou tel pantalon, maintenant je dois faire le calcul de ce ventre, pour voir si j’y entre ou je n’y entre pas.

Je me prépare à ce bébé qui exigera mon temps, mon énergie. La nature est ainsi faite.

On entre dans de nouveaux habits comme on entre dans une nouvelle peau. Celle d’une maman.

photo du site web how to have a baby.com
photo du site web how to have a baby.com

Ils se la posent tous la question. Tous les spectateurs impatients de cette vie intra-utérine silencieuse.

Est-ce un ‘’il’’ ou un ‘’elle’’, un ‘’le’’ ou un ‘’la’’ ?

Il y a ceux qui n’affichent pas de préférence officielle, déclarant haut:’’ pourvu qu’il soit en bonne santé’’, marmonnant peut-être plus bas, des désirs inavoués. D’autres qui étalent leurs exploits ‘’ alors, pour nous, c’était d’abord un ‘’le’’, puis un ‘’la’’, puis un le’’…. puis ceux qui ont des certitudes, ‘’ un ‘’la’’, c’est super pour le papa, un ‘’le’’, super pour la maman’’ ; aussi ceux qui ont des petits regrets ‘’ je voulais un ‘’la’’ très fort, mais j’ai eu trois ‘’le’’, pourvu que tu aies un ‘’la’’….

Je m’en occuperais….

Et puis, il y a ceux qui ont des croyances relatives au genre influées par un environnement pro ‘’la’’ ou pro ‘’le’’: un garçon est une bénédiction du ciel, une fille c’est pas mal non plus, et vice et versa…

Bref, il y a toujours la question, et à la réponse, toujours la réaction.

Je ne vais mentir ou me faire passer par une sacrosainte. Je ne fais pas proue d’exception à la règle. Comme tout le monde, j’ai pensé de moi à moi : tu préfèrerais quoi toi au fond ?

Sauf, que mon fond, bah, j’ai beau gratté, gratté,…je n’y ai pas trouvé grand-chose qui aide à la question. Un garçon, pourquoi pas, une fille, pourquoi pas. Pour mon mari, aussi, les deux sexes semblaient s’équivaloir.

Pourquoi ?

Il y a peut-être une part inconsciente, qui se refuse à répondre à la question, car y répondre c’est devoir assumer une déception, quel qu’en soit l’ampleur. Dire : je veux ceci ou je veux cela, c’est quand même pas rien, si au final on n’a pas ‘ceci’ ou ‘cela’.

Sur un plan plus conscient maintenant, j’ai réalisé que dans les deux cas, c’est de toute façon un mystère, un mystère qui ne résout pas une part de lui-même en répondant à la question du genre. Car que me dit exactement la réponse : c’est une fille, ou c’est un garçon…. ?

Moi, pas grand-chose à vrai dire.

Ce n’est pas le sexe des enfants ou des adultes, qui m’attirent vers eux, mais bien un tout. Les sceptiques diront que le tout comprend le genre, oui, peut-être mais le genre ne comprend pas le tout. Le genre ne me dira jamais ce que cela implique sur ma relation avec l’enfant, sur ce qu’il deviendra, sur ce qu’il sera. Bien-sûr, cela faisant fi des croyances populaires selon lesquelles une fille aime forcement les poupées et un garçon les voitures. Mais ne nous embarquons pas là-dedans. Je ne crois pas à ces raccourcis, à moins qu’ils ne soient employés par des parents eux-mêmes, trop effrayés de voir leur enfant grandir ou évoluer en dehors de sphères préconstruites, et des idées préconçues sur le rôle de la femme ou de l’homme….

A vrai dire, m’avouer le sexe, ne m’avancera pas beaucoup.

Ayant travaillé avec des enfants, je n’ai jamais pensé que les filles et les garçons différaient foncièrement de par leur genre.

On crée une montagne de barrières entre eux, en leur faisant croire que cette identité de femme ou d’homme est très importante. Mais ce n’est pas cette identité qui l’est, c’est l’être profond qui existe en eux.

Car au fond, on est toujours soit l’un, soit l’autre, et cela ne dit pas grand-chose sur ce qu’on ”est”.

Certes, des influences sociales, culturelles et autres, créent des barrières qu’on mettra sous le compte du genre. Mais ce ne sont souvent « que » des influences. Si les enfants devaient s’exprimer librement, ils ne commenceraient pas par se présenter en disant : je suis une fille ou je suis un garçon. Certes, parce que l’évidence le dit avant eux, (mais c’est aussi  pour dire que l’évidence est banale !) mais aussi car ce n’est pas une identité claire d’être une fille ou un garçon. Cela ne préjugera pas automatiquement de nos préférences dans la vie, de nos chemins, de nos préférences sexuelles.

Mon mari m’a dit: cette question de gendre me dépasse un peu. Est-ce qu’il ne t’arrive pas toi de sentir souvent que tu n’es ni une femme, ni un homme ?

Si. Cela m’arrive, oh souvent !

Ce qui conditionne ma « féminité », ce n’est pas ‘’mon corps’’ mais sa perception extérieure. C’est la façon dont mon corps a été perçu qui me renseigne sur ma soi-disant féminité (ou pas d’’ailleurs, c’est quoi être féminine ?) Mais c’est sa perception, et je ne m’y identifie pas totalement, même si je suis parfois proie à ses griffes (ou ses doigts),  ni je ne m’identifie à cette notion de la ‘’féminité’’ qui est très vague et qui dépend beaucoup des cultures, des convictions profondes, des sentiments vis-à-vis de son corps et de son exposition au monde.

D’ailleurs combien de fois je me suis entendue dire : t’es un peu garçon sur les bords, toi. Non pas, que je ne sois pas ‘’ féminine’’ ( dans l’absolu, c’est quoi?) mais que je ne réponds pas à la perception subjective de ce que doit être une ‘’femme’’. Ou pas.

Alors pour en revenir au bébé, je crois que ce qui comptera pour moi, ce n’est même pas ‘’sa bonne santé’’ même si ça compte, mais s’il est malade, et bien je l’aimerais quand même, mais bien l’amour que je lui porterais et l’expérience unique qui est celle d’un être humain avec un nouveau être humain. Cette expérience transformatrice qui est l’amour.

Tout simplement.

Le bébé cauchemar : Bye Bye Nietzche et Oscar Wilde

bebe cauchamr

S’il doit hériter de quelque chose, faites que cela ne soit pas mon allergie aux reproches. Oui, je l’admets, je ne les aime pas. Je n’aime pas trop les compliments, non plus, mais les reproches, comment dire, je les déteste. Ils m’inquiètent. Et je suis du genre à me poser alors pleins de questions existentielles, ce à quoi Nietzche aurait encouragé la légèreté de l’être disant que les tourments intérieurs du « moi agressé » ne sont autres que survalorisations inconscientes de la nature humaine, cette saleté , donc a fortiori vaines (culpabilisation et tendance à croire que nous sommes mieux que ce que nous sommes, lire la généalogie de la morale). Ok pour ceux qui n’auraient pas le temps de lire Nietzsche, Oscar Wilde résume tout mon blabla ainsi : 

« L’humanité se prend trop au sérieux ; c’est le péché originel de notre monde ».

Parfois et même de plus en plus souvent, j’applique vraiment les principes de ces deux philosophes. Disons par exemple que je suis dans une situation où mon ego est mis en péril, une saleté par exemple me dit que je ne suis pas merveilleuse, superbe et magnifique, hop hop hop, j’écoute le reproche, je tartine un peu de mon cher Nietzche sur le pain de mon égo, et je me console avec ces paroles sources de paix et de JOIE :

« Mais allons, Maya, tu vois bien que ton esprit te joue des tours, il te fait croire que tu es mieux que tu n’es, et que c’est important…. Oublie ! Légèreté de l’être = tu n’es pas parfaite, et tralalalala’’. Je croque dans le sandwich et le tour est joué.

Mais (bah ouais ya un mais, à quoi bon le post sinon, Gisèle), depuis que je suis enceinte, la facilité de tomber dans le piège de l’ego surdimensionné s’est accrue, d’où des prises de tête inutiles.

L’histoire maintenant après cette fastueuse introduction. Donc voilà, j’appelle mon mari, et de fil en aiguille, nous en arrivons à ce postulat : « tu dois être calme pour le bébé, tu sais ». Mon mari a la voix mielleuse, douce, et tendre, donc inutile de s’imaginer la barbe bleue ou je ne sais quoi.

« Pour qu’il soit calme quand il naîtra’’ continue mon cher, qui ne sait pas encore qu’il vient de jeter le feu aux poudrières, qu’il vient de déclarer la guerre à mes hormones, qu’en moi un tonnerre de «  QUOIIII » vient d’avoir raison de tout.

Moi, jusque-là, tranquille, presque normale, me sens inondée d’une envie de faire la révolution :

Le calme, c’est tabou, on en viendra tous à bout !!

Ai-je songé à Nietzche un instant ? Non.

Tout ce à quoi je pensais, c’est :

Et si mon bébé n’était pas calme ?

Et s’il n’était pas beau ?

Et s’il avait mon nez ?

Et s’il avait mon problème d’hyperactivité ?

Et si…

Et si…

Et là cauchemar, je vois  le bébé cauchemar, le bébé qui crie, qui pleure, qui n’est pas épanoui, et m’entourent alors des milieux d’autres bébés, beaux, joufflus, aux yeux colorés, avec des yeux ronds, qui chuchotent :

Mère indigne…mère indigne…

Nonnnnnnnnnnnnnnn.

Je lui ai donc expliqué que ce n’était pas de mon ressort et qu’il ne devait pas faire de projections sur moi et sur le bébé. Que je n’y pouvais rien.

Au fond, je ne croyais pas tellement à ce que je disais mais les hormones ne sont pas des êtres très réfléchies et sincères. Elles réagissent plutôt à l’instinct.

En effet, après un moment passé (quelques jours en réalité), bah oui on ne change pas une tête dure bourrée d’hormones, j’ai réalisé que je devais travailler sur mon calme et mon bien-être, qu’en dépendait probablement celui du bébé.

Quand je dis qu’on grandit, c’est ça. C’est changer.  Le péché originel, c’est cela aussi. C’est croire dur comme fer qu’on a intrinsèquement raison… car changer, cela demande des efforts.

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