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Un poil' enceinte et des poussiereuh

Month

June 2014

Connaissance du monde, connaissance du soi ( JUNG)

Je viens de lire quelques phrases extrêmement importantes. Et quand tu seras en mesure de lire ce blog, je serais heureuse de savoir que je les aurais partagées avec toi. Si d’autres tombent sur ce blog, je suis heureuse de les partager avec eux.

Si j’intitule ici la connaissance du “SOI” et non du “MOI” c’est car le MOI est conscient ( c’est ta partie consciente, ton “je”) mais il existe aussi en toi un etranger que tu ne connais pas, ta partie inconsciente, et celui-ci avec toutes tes autres parties constituent le “SOI”

Ces phrases ont été écrites par Carl Jung dans le livre : L’homme a la decouverte de son ame.

” Les guerres, les dynasties, les bouleversements sociaux, les conquêtes, et les religions ne sont que les symptômes les plus superficiels d’une attitude spirituelle fondamentale et secrète de l’individu (….) Les grands évènements de l’histoire du monde sont au fond d’une insignifiance profonde. Seule est essentielle, en dernière analyse, la vie subjective de l’individu. C’est celle-ci seulement qui fait l’histoire : c’est en elle que se jouent les grandes transformations.

 

” Les rêves sont les produits de l’âme inconsciente; ils sont spontanés, ils n’ont pas de parti pris, soustraits à l’arbitraire de la conscience. Ils sont pure nature et par suite d’une vérité naturelle et sans fard (…) Méditer ses rêves, c’est faire un retour sur soi-même”.

 

” Notre éducation moderne est d’une maladive unilatéralité. Certes, il est judicieux d’ouvrir les yeux et les oreilles de la jeunesse aux perspectives du vaste monde mais c’est folie que de croire ainsi avoir préparé suffisamment des êtres jeunes à la vie ! Cette éducation permet tout juste à l’être jeune une adaptation extérieure aux réalités du monde mais personne ne songe à une adaptation au soi, aux puissances de lame dont l’omnipotence dépasse de très loin tout ce que le monde extérieur peut receler de grandes puissances.

 

“Si la grande chose qu’est la culture va de travers, cela tient simplement a ce que les hommes pris isolement vont de travers, à ce que je vais de travers. Raisonnablement, il faudra commencer par me redresser MOI-MEME.

jung

La césarienne au Liban : un fléau à la mode

http://maternagealgerie.over-blog.com/article-35855133.html
Dessin de Labulle

Il y a un an encore, je n’aurais jamais songé à la césarienne. C’est en tombant enceinte, que je suis tombée des nues car c’est seulement le ventre gros que je me suis rendue compte que beaucoup, mais alors vraiment BEAUCOUP de femmes au Liban avaient recours à la césarienne.

Il y a quelques temps, j’en étais alors à mon quatrième mois de grossesse, une de mes élèves de yoga, une jeune femme sportive, me confie quelques lignes sur son accouchement. Elle avait tout fait pour accoucher naturellement (sport, yoga, alimentation saine etc.), mais le médecin l’avait convaincue que le bébé ne pouvait pas passer et que la seule solution était pour elle la césarienne. Dépassée, elle s’était laissée faire mais le regrettait profondément. Son discours n’était pas très clair, mais il paraissait que bébé ne pouvait pas passer, et qu’elle devait se résigner.

Par la suite, une autre élève me racontait son parcours, et avait elle aussi subi une césarienne. « Le terme avait été dépassé, m’avait-elle dit. Et mon médecin a pris peur ». Elle n’avait pas l’air de trouver sa décision hâtive et semblait très satisfaite du déroulement des choses. Elle avait totale confiance en son médecin. Pourtant, mis à part le fait qu’elle avait dépassé le terme, rien ne semblait vraiment contraindre un accouchement par voie basse.

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Au départ, quand une femme me disait avoir subi une césarienne, j’écoutais à moitié, me disant que je ferais surement partie du lot des femmes chanceuses qui y échapperaient. Puis, au fur et à mesure des confidences, j’ai commencé à me poser de sérieuses questions. Hier encore, j’effectuais quelques courses pour mon bébé, que la vendeuse (enceinte de neuf mois) et avec qui je papote un peu, me raconte qu’il se peut qu’elle ait à subir une césarienne…Je lui demande pourquoi, elle me dit qu’elle ne sait pas, puis me parle de son bassin. Apparemment pas «  comme il faut ». Et rebelote. Je lui demande quels sont ses désirs à elle (me disant que peut-être elle le souhaitait) elle dit vouloir un accouchement naturel. Il y avait chez elle cette incapacité très propre à celles qui ne savent pas mais qui ne savent pas pourquoi elles ne savent pas, à m’expliquer pourquoi le médecin pensait à une césarienne. Elle parlait flou comme s’il ne s’agissait ni de son corps, ni de son accouchement. «  le médecin, il a dit… peut-être…»

Une voix démissionnaire…voilà ce que j’ai entendu.

Mais des voix comme cela, j’en ai entendu beaucoup…

Etat des lieux

Un rapport réalisé par MedNet (les gestionnaires Libanais des soins de santé pour le compte des assureurs) relève les chiffres ci-dessous en 2006 : «  le taux d’accouchements par césarienne a atteint au Liban un niveau record, soit 40 %, ou 4 accouchements sur 10. Alors que le taux des césariennes était de 26 % en moyenne sur la période 1991-1998 ».

Ah, bah voilà que je me sens mieux !

Je ne me suis pas inventée un film : il y a bien un nombre effroyable de césariennes effectuées au Liban, sans que cela ne semble choquer personne, on dirait. Uhum.

J’ai bien envie de comprendre POURQUOI. Alors j’ai fait quelques recherches et voilà ce que j’apprends :

Le prix d’une césarienne au Liban s’élève à 2300 ou 1200 dollars selon la classe, soit environ le double d’un accouchement par voie basse.

Ah, bah voilà que ça devient intéressant ma foi !

Et ils disent quoi les organisations de santé mondiale ?

D’après l’OMS, « si le niveau maximum de césariennes est dépassé, c’est-à-dire si plus de 15 % des accouchements se font par césarienne, on pourra en conclure que certaines césariennes sont faites inutilement. Il faudra alors encourager une surveillance au niveau local et dans les services pour empêcher l’exécution de césariennes inutiles ».

Nous sommes au Liban très loin (au-dessus) des 15 %. Et nous ne sommes pas les seuls.

Oui, car la tendance mes amis est MONDIALE. La césarienne est à la mode, comme les sushis !

 Voici quelques chiffres qui parlent d’eux-mêmes:

On a bien dit que l’OMS soutenait un chiffre avoisinant les 15 % maximum. Pourtant :

On compte en pourcentage de césarienne :

•Chili : 40% en 1997

•Brésil : 36% en 1996 (source – principalement dû aux taux de césariennes de convenance dans les cliniques privées, parfois proche de 80%).

•Taiwan: 34,5%

•Etats-Unis : 31,8% en 2007

Ah la la, les chiffres crèvent le plafond !! (Mais vous me direz que le Liban bat les records !)

Alors, ma question, aujourd’hui, et je m’adresse aux Libanais, c’est comment on en est arrivé là, et POURQUOI ?

Bon. On a parlé argent et profit mais est-ce tout ? Est-ce que l’argent Rule the world ou est-ce que les Libanaises participent à ce fléau, elles aussi ?

On pourrait se demander à cet effet si les mères Libanaises sont tenues informées de leur possibilité d’accoucher naturellement si elles le veulent et si elles sont au courant des conséquences réelles de la césarienne sur elle et leur bébé.

La phrase : « Votre bassin est trop étroit » ou encore « le bébé est trop gros » est-elle la leur ou celle du médecin ?

(Je trouve intéressant de découvrir que SOUDAINEMENT nos bassins sont devenus étroits et nos bébés obèses).

Bon revenons quand même quelques secondes à la question de l’argent (bah oui, on y est allé un peu vite en besogne. Cet argent, il cache quoi ?)

L’argent

Dans un rapport intitulé : « Deux fois plus de césariennes en 20 ans ! Que s’est-il passé ? Quelles conséquences »,  Karine Sizgoric & Sonia Heimann Membres du CA et animatrices Association Césarine ( association Française ) expliquent : « Loin de nous l’intention d’accuser maternités et médecins de pousser à la consommation d’actes chirurgicaux. Il faut cependant reconnaître, sans vouloir diaboliser quiconque, qu’une césarienne est un acte qui est mieux coté et rémunéré qu’un accouchement eutocique*. Une césarienne nécessite également l’intervention –et la rémunération- de toute une équipe de professionnels de santé durant l’intervention et en post-natal, ainsi que l’usage de quantités plus importantes d’anesthésiques, de produits pharmaceutiques et de médicaments que pour une naissance normale et enfin qu’elle induit également plusieurs journées d’hospitalisation pour la mère et son bébé. Tout cela représente des sommes non négligeables au bénéfice des équipes médicales, de l’industrie pharmaceutique et des établissements hospitaliers (et également un coût certain au détriment de l’assurance maladie, mais c’est là un autre débat) et permet d’en conclure que la césarienne se révèle être un véritable pan de l’économie de la santé en France puisqu’elle représente 20 % des 750 000 naissances annuelle ».

Ah, l’argent…..Ah bah oui l’argent justifie tout, même la santé des femmes et de leurs bébés.

Mais est-ce là bien tout ?

Quid de la responsabilité des mères ?

Pourquoi beaucoup d’entre elles vivent leur accouchement spectatrice et non actrice de leur corps ?

Pourquoi certaines pensent-elles s’offrir un luxe en faisant une césarienne : sont-elles au courant des conséquences de la césarienne sur elles et leurs enfants ?

Pourquoi les chiffres de l’OMS ne sont pas respectés par un nombre non négligeable de médecins ?

Ok, on peut d’emblée statuer sans l’ombre d’un doute qu’il y a un manque d’informations sur les conséquences de la césarienne et une tendance réelle et banale à enlever aux femmes leur droit de disposer de leurs corps plus librement et de participer activement à leur accouchement. Un accouchement tellement médicalisé que la mère en devenir n’a plus sa place (mais le matériel obstétrique, si !!)

Mais, ce ne sont pas ceux qui font du profit des césariennes qui vont arrêter la machine infernale, ni les mères qui trouvent dans la césarienne « un luxe, une complaisance »  qui leur évitent la souffrance de la délivrance. Je m’adresse ici à elles, bien-sûr, car elles peuvent l’ignorer, mais la césarienne a des conséquences sur elles et leurs bébés non négligeables. Quand à celles qui subissent la césarienne comme une fatalité, car le médecin a dit qu’on «  ne pouvait pas faire autrement », je leur demande de réaliser leur potentiel et d’assumer leurs responsabilités en devenant actrices de leur accouchement et en se renseignant.

Conséquences, ladies and mummies :

Bien-sûr, il y a les cas où la césarienne est un acte qui sauve la vie de la mère et de l’enfant. Mais on ne parle pas de ces cas-laa. On parle de TOUS LES AUTRES.

Les conséquences pour nous les femmes, c’est quoi ?

 D’après Heike Emery, sage-femme et éditrice de www.cesarienne.net : « Tant, pour certaines femmes, la césarienne peut être vécue comme une délivrance au bout d’un travail interminable et épuisant, tant elle peut être mal acceptée pour toutes sortes de raisons comme un accouchement non-accompli par elle-même, une perte de contrôle et une prise en charge totalement médicale, le deuil d’un projet de naissance, la frustration, l’incompréhension de ce qui s’est passé, le vécu du cœur en décalage avec le vécu rationnel (indication médicale bien comprise et reconnaissance que la césarienne a peut-être sauvé la vie de la mère et/ou de l’enfant, mais sentiment de vide, de tristesse ….) L’accueil du bébé au bloc opératoire dans des conditions tout sauf idéales, avec par exemple un contact peau-à-peau immédiat très restreint voire impossible, la séparation avec l’enfant qui sera suivi par l’équipe pédiatrique dans une autre salle, la première mise au sein retardée et souvent plus difficile rendent souvent la césarienne plus dure à accepter.

Mais aussi, d’après le site : http://www.cesarine.org/avenir/consequences/

« La césarienne, souvent présentée comme un moyen simple, rapide et sans difficulté de faire naître son enfant, peut en fait avoir des conséquences à court et à long terme, aussi bien pour la mère que le bébé » 

Risque d’infection de site opératoire (infections nosocomiales)

Risques d’adhérences

Moins d’enfants par la suite

Augmentation du risque de césarienne lors des grossesses ultérieures

Augmentation du risque de placenta praevia / accreta lors des grossesses ultérieures

Augmentation du risque de décès in-utero lors des grossesses ultérieures (suspecté mais non prouvé)

Et pour le bébé ?

Toujours, d’après Heike Emery :

« En cas de césarienne programmée, le bébé n’est pas prêt du tout et ne reçoit aucun signe hormonal qui annonce sa prochaine naissance. Il est sorti du ventre de sa mère sans ménagement dans une lumière éblouissante, une température peu accueillante par des mains et des voix inconnues. Parfois, le bébé réagit par une réaction de choc et la respiration peut être plus difficile à cause du liquide qui encombre les bronches (syndrome des poumons mouillés qui engendre souvent une prise en charge en pédiatrie pour détresse respiratoire) D’ailleurs, le système immunitaire reste plus fragile et plus d’enfants présentent, à terme, de l’asthme.  En cours de travail, cela dépend de la raison de l’intervention. Si le bébé souffre du travail des contractions, l’intervention met un terme à ce problème et le pédiatre s’occupe d’aider le bébé à récupérer le plus vite possible ».

 

Quand même.

Et, mes chères compatriotes, on n’a pas encore parlé du papa…..

 

Sources :

Césariennes au Liban, commerce du Levant, 2006 : http://www.1stlebanon.net/actualites-liban/actualite.php?idactu=916&debut=0

Conséquences de la césarienne : www.cesarienne.net

http://www.cesarine.org/avenir/consequences/

Deux fois plus de césariennes en 20 ans ! Que s’est-il passé ? Quelles conséquences »,  Karine Sizgoric & Sonia Heimann Membres du CA et animatrices Association Césarine (association Française)

Ce qu’en dit l’OMS : http://www.cesarine.org/avant/etat_des_lieux.php#4