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Un poil' enceinte et des poussiereuh

Month

December 2015

Having a baby is not a romantic love story

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Having a baby is not the story of love you would think it is before u actually give birth.

The fact is the baby and you don’t just stare at each other in love. Its rather you looking at him and giving everything.

Your time. Your thoughts. Your love. Your nights.

Everything.

Everyday a little more tired, but everyday here and present. Everyday replying : I’m here mum, I’m coming mum, don’t cry mum.

Every damn day.

When you think that you can’t take it anymore, you are still there, standing on your feet. You used to swear that you would never cope being deprived of sleep but here you are, deprived of sleep, and still standing on your feet.

Overcoming, enduring, giving.

Looks like a battle but it’s not. There’s nobody to fight against to, there’s no battlefield, there’s only you and your baby.  The turmoil that agitates you is inside. It’s between you and you. You and the mother who is becoming. You and this part of yourself that is drastically changing. You and this emerging you who is becoming….

The contemporary conditions of mothering are not easy and you might think like many mums  that you are just crazy before even blaming the lack of support of the society you live in.

Yet, you are the giver. Doing almost everything by yourself.

Giving. Giving. Giving.

And the baby just takes it. In return you will never hear thank you or have a kiss back. He takes, takes, takes.

And you just give, give, give.

It might be the first time actually in your life that you’re basically just giving. And not expecting anything in return because simply it’s in the baby’s nature to receive and it’s in the mother’s nature to give. Look at the Mama earth, it never stopped giving.

Just like the rain pours the ground, it just rains, rains, rains, and in the beginning nothing comes out from the rain. The ground is flooded with water.

You reach this point where you question yourself. Why did I become a mother? Why am I so tired? Am I doing something wrong? Am I a bad mother?

You might torture yourself, you might even get depressed. But, in the meantime, you are growing inside of you the mother. Whoever is this mother, depressed or not, she is still the mother. She is still the number one caregiver to this child.

And it is you.

And here you are, transforming, growing, and giving this infinite love that you didn’t expect from yourself. It’s making you selfless everyday, more humble, more sensitive, more aware of the world we live in.

You are starting to discover yourself through this selfless person in you. You meet yourself, the selfless you, and this is exactly when you are just starting to receive.

You didn’t expect to meet this new you, this woman inside of you who not only moans and cries but also, once in a while, says with surprise and happiness : “Oh my god, I love this child”.

Things are hard, but as your life is changing, your perspective is changing too.  From this selfless love you are actually blessed with the discovery of another meaning to things and to life. You are given this chance to experience life in ways you’ve never imagined.

You are strong. You are stronger than ever. Yes tired and messy. But deeper.

The dark circles under your eyes are nothing compared to the strengh that you can feel in your ability to handle the situation.

Your heart is opening. You are less judgmental, more loving, more aware of the precarity of life, more aware of the time flying.

You might even be more aware of yourself because for the first time you are looking at yourself changing so quickly because of love.

No, having a baby is not a romantic love story. It’s a story of love.

You are a mother. And mothers are love.

When you have a baby, you are actually, without realising it, practicing karma yoga.

You are eating everyday spiritual food for the soul. Revealing the divine you.

And it is still raining but you have gradually accepted that your life is upside down because the ground is also a field of flowers. It just takes time for things to grow just like it takes time for us to accept the mother in us. And when it happens, when you finally accept, even if it’s only for a few minutes, the ground becomes flooded with flowers. Infinite colours of a heart opening to all.

 

Je vais chercher ma fille

 

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Tous les jours, en allant à  la garderie pour aller chercher ma fille, je dois traverser la rue Gouraud pour arriver devant un marche-pietons complètement dominé par les roues de 4/4 enflammées. Y a des effluves de mazout mêlées aux pots d’échappement qui ruissellent des toxines qui troublent un peu mon regard mais je suis sure pourtant que le feu est vert pour moi, et non pour eux, même si une petite Vespa fait semblant de ne pas le voir et trace devant moi.

Je vais chercher ma fille.

Le trottoir, je le toise, pour éviter les merdes de chien, mais surtout, surtout, pour éviter les voitures qui les arpentent, qui s’y garent, et parfois mon regard croise celui de l’invité, et il me dit : sorry en insistant sur le i. Je dévie le trottoir, je regarde la gueule immense du pare-brise de ce monstre, j’ai maintenant la moitié du corps sur la route, la moitié de l’autre corps sur le trottoir, je titube un peu, maladroite, mal à  l’aise. Je dois me diviser en deux.

Je vais chercher ma fille.

A l’extérieur d’un bar qui se fait une beauté a coup de produits de lavage qui puent, un groupe d’amis fument des clopes, et pour les éviter le plus possible, je dois encore dévier la moitié de mon corps sur le trottoir .Je suis maintenant un quart de personne. Le trois quart de l’autre est complètement piétinée par les voitures, les cigarettes, la pollution.

Je vais chercher ma fille.

J’avoue, je pense. je pense beaucoup. Je me demande par exemple comment je vais continuer à  chercher ma fille dans ces conditions-la, et comment faire pour lui éviter absolument et éviter à  moi-même de me chopper une saloperie de maladie avec toutes ces conditions environnementales grotesques. Je nous imagine déjà malades, déjà souffrantes. Et puis les gens que je vois n’ont pas l’air heureux. Je leur souris, ils trouvent ça bizarre. Je continue quand même à  sourire. il faut bien un peu de joie.

Je vais chercher ma fille.

Un automobiliste klaxonne bruyamment, un autre lance des insultes, ils sont tous pressés, mais moi, je  vais chercher ma fille, c’est tout.

Je le fais tous les jours, c’est cela le problème.

Tous les jours, je vais chercher ma fille.

Et tous les jours j’apprends aux autres comment respirer, comment se relaxer, comment utiliser leurs corps, le détendre, le rendre plus fort, plus souple. Pour la relaxation finale, je leur dis de relâcher leurs pieds, puis leurs jambes, puis leurs dos, puis…

Alors je me l’auto- suggère  en allant chercher ma fille, je me dis : relaxe Maya, c’est le monde, accepte-le, et traverse la rue sans négativité. Envoie ta bonne énergie.

Le feu passe au rouge, je presse le pas pour ne pas mourir. J’entends déjà le moteur de la voiture en face de moi prête à m’écraser. Relaxe Maya, relaxe, respire….

Tu vas chercher ta fille….

Je me demande : jusque quand? Jusque quand va-t-on vivre, elle et moi, dans une ville aussi polluée, dans une ville aussi stressante, tellement aux antipodes de tout ce qui pour moi définit la vie ? Ou est la joie? La nature? La simplicité? Même le contact humain semble de plus en plus étiolé, de plus en plus compliqué….C’est par exemple tellement difficile de se sourire les uns aux autres sans se trouver étrange, sans se trouver intrusif…Pourquoi? N’est-ce pas pire de klaxonner?

Pourquoi est-il tellement simple de faire du bruit avec une voiture et tellement compliqué de sourire à  quelqu’un et de lui dire bonjour? Il y a pourtant dans les deux cas de la communication, non?

Je vais chercher ma fille et je me demande. Ne doit-on pas entreprendre un changement drastique dans notre vie urbaine? Peut-être  la solution est-elle de tout rejeter en bloc et d’aller vivre à  la campagne comme mes amis Katia, Maher et leurs 4 bambins? Pourquoi rester en ville? Dans quel but?

Oui,  y’a  la culture, les gens, la vie sociale, tout ce que j’adore. Mais ne faut-il pas pouvoir d’abord respirer a plein poumons pour profiter pleinement de tous ces artifices? Essentiels certes pour nourrir l’âme mais pas suffisants pour la maintenir en vie.

Je me demande…Je me pose tellement de questions. Puis j’arrive a la garderie. Je viens récupérer ma fille. C’est enfin calme ici. Oui, le bruit des bébés mais calme quand même.

Je la porte dans mes bras, je lui offre le sein, on me regarde, ici et là , mais je m’en fiche, je l’allaite quand même. Je suis une maman nature dans une poubelle. C’est compliqué  mais c’est plus fort que moi.

Je la regarde et je regarde l’espoir dans ses yeux et je me demande comment faire pour qu’il reste intact. Quelle est ma responsabilité dans cette affaire? Quel avenir offrir à  nos enfants?

 

9 mois

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Un mot hier est venu dire un état. Un mot existe pour dire avant.

Ce mot c’est le mot enceinte.

Il vient avec tout ce qui accompagne un mot : des connotations, des associations, des préjugés, des fantasmes, des peurs, toutes les idées qu’il porte.

Un mot porte beaucoup en lui et celui qui porte le mot le porte avant même de porter l’enfant.

Enceinte. Une femme expectante. Une femme qui attend.

C’est neuf mois.

On attend neuf mois. Tu comptes tous les jours au début, puis le temps passe, tu comptes moins ou alors tu comptes différemment, tu ne comptes plus en jours mais en semaines, tu ne comptes plus en semaines mais en mois. Mais certainement, tu comptes.

Attendre.

Voici la première impression, la première perception. Et tout ce qui nous attend va aboutir.

L’aboutissement, c’est une date de naissance. C’est vers elle que nous tendons, nos ventres et nous.

Cette femme expectante, je ne la vois pas car je ne sais pas ce qu’elle attend au juste. Qu’est-ce que c’est donc qu’attendre quand on ne sait pas ce que c’est ? Qu’est-ce que c’est ?

Si j’attends un train, un avion, un grand amour, une promotion, d’accord, mais un enfant ? Peut-on dire qu’il est possible d’attendre un enfant ?

Qu’est-ce que cela veut dire de l’attendre? Qu’est-ce que cela implique ?

Et puis qui attend-on lorsqu’on est d’emblée doublée d’un autre, comment l’attendre alors qu’il est déjà en soi?

Se doubler d’un autre, le porter, ne plus être un, et devoir en même temps conserver son unité et dire : je l’attends…comme s’il n’était pas la. Comme si on n’était pas déjà née de lui mère et lui de nous fils ou fille….Pourquoi ? Pourquoi ne pas dire par exemple nous nous attendons l’un l’autre? Nous nous portons l’un l’autre? L’enfant porte en lui la mère. La mère porte en elle l’enfant.

Cette inscription temporelle qui nous fait des personnes qui attendent alors que l’autre vie dans le sens d’un « nouveau sens aux choses » a commencé a faire son bout de chemin des l’annonce de la grossesse.

Je pense aussi aux enfants qui ne naîtront pas…N’ont-ils pas pourtant né la mère?

Enceinte.

Un état qui s’inscrit forcement dans une durée infinie.

Quand on a porté, on porte pour toujours.

On ne sait de la durée du portage que le commencement- et encore- cette fameuse date de naissance….

Mais drôle est cette précision dans le flou total qui est par la suite la vie. La fameuse « date de naissance ». Cette façon de dire, de penser : on accouchera ce jour-ci ou ce jour-la, alors qu’en réalité on accouche une mère, et quand on accouche une mère, ce n’est pas la date de naissance qui compte puisque accoucher une mère, ca n’arrive pas du jour au lendemain, ca n’arrive même pas en neuf mois.

Parfois même ca n’arrive jamais.

 

Allaiter : une thérapie pour les seins

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Elle est née. Le ventre est remonté dans les bras. Il est vide. Ils sont pleins. Des yeux étrangers regardent dans mes yeux. Une bouche minuscule saisit le téton. Ca y est. J’allaite.

J’y ai pensé . Beaucoup. J’ai lu tous les articles qu’il faut. Tous les conseils qu’il faut. Toutes les astuces. Maintenant, s’appliquer. Ne pas se laisser hantée par les histoires de “tu n’auras pas de montée de lait”. Non. Ne pas. Se laisser aller, donner le meilleur de soi. Même si les deux propositions sont contradictoires. Leur permettre de cohabiter maintenant dans une façon des bras de se pousser a l’effort.

Mes bras. Un sol pour bébé  .

J’éprouvais alors cette peur qui ressemble tellement a celle que j’ai eu avant de tomber enceinte. En suis-je capable ? Vais-je pouvoir tomber du lait? Je ne sais pas comment on l’imagine moi ce lait tomber car je n’ai jamais vu de mes propres yeux des tétons gicler….

J’ai entendu des histoires contradictiores. Des mamans qui y arrivent naturellement. Des mamans qui n’y arrivent pas. Je dis arrive. Je crois encore que c’est une course avec une ligne d’arrivée. Le lait giclant comme du champagne. La victoire.

J’ai entendu tellement de rumeurs mais j’ai rarement entendu des histoires sur des mamans qui doutent, simplement, des mamans qui doutent. Des mamans comme moi.

Mes seins. De nouveau, sur le banc des accusés. De nouveau, jugés, étudiés, testés. Avant, la question de leur beauté. L’accès qui rend éligible au dénominatif de “féminine”. Maintenant le deuxième procès. Le jugement sur leur capacité a nourrir l’enfant, le calmer, lui procurer un certain bien-être.

Il est possible que je sois rendue coupable, si je n’y arrive pas…

Alors voila, les seins s’épaississent comme des ballons. Deux énormes ballons. J’ai mal dans l’utérus qui se contracte. J’ai mal sur le bout du téton qui est tiré par cette minuscule mâchoire. Le ventre fond, semble remonter vers la poitrine pour l’épaissir. On dirait que je suis enceinte des seins. La maternité va du ventre vers le Coeur. L’utérus se contracte, le poitrine s’ouvre. La production d’occytocine me rend ivre.

Soudainement, je ne m’appartiens plus. Mes seins doivent être  disponibles tout le temps. Telle une baleine échouée, étendue  sur le lit, un sein pend sur le drap, puis c’est au tour de l’autre de pendre….

Ca n’en finit plus.

Cette petite mâchoire a beau être petite, elle a terriblement faim. Elle est bien mignonne c’est vrai. Mais terriblement demandeuse.

La petite créature. Prend-elle du poids? A-t-elle encore faim ? Je n’ai pas le temps de me poser que de nouveau, le sein qui s’offre, le sein qui pend…mes questions qui se brisent sur ces mâchoires. Je ne pense plus, je me soumets.

Progressivement, l’expérience  pénible et douloureuse, devient plus simple, plus confortable. Je ne me pose plus trop de questions. Un petit battement de cil et hop, le sein pendu s’en occupe. Il m’arrive désormais de le regarder gentiment se donner, de le regarder non plus comme cette chose pendouillante que j’arme d’un soutien gorge tous les matins, mais comme une structure a part entière, avec un joli téton au bout. Je le considère plus sérieusement. J’ai le temps de le considérer. J’en viens même a penser qu’il est joli même  s’il est vraiment très très gros. Pour la première fois, je l’observe dans sa facon d’être fonctionnel et maternant. Mais aussi dans sa façon d’être une partie de mon corps qui ne se cache pas.

Les jours passent. L’expérience de l’allaitement prend de nouvelles couleurs. Elle m’ancre plus dans un présent paisible et doux. Je me donne, et quand on se donne sans trop y penser, c’est doux.

Je ne ressens plus aucune douleur. Je commence même a prendre du plaisir a allaiter. Etre cette source d’amour et de nourriture directe.

Etre  source.

Plus ma fille grandit, plus l’expérience agit sur les sens. Elle tête un sein, elle touche l’autre, tirant parfois sur le téton, caressant parfois la peau qu’il recouvre.

Avec ses petites mains, me fait des câlins….

La nuit, avec ses yeux fermés, ses lèvres cherchent le téton. Lui donner le sein, c’est lui donner cette certitude qu’elle est en sécurité la nuit. Elle ouvre les yeux, me regarde la bouche encore sur le téton, et me voila touchée dans le Coeur. Je suis le monde pour elle. Moi. Le monde. Pour elle. Pour ce petit Coeur battant. Quelle musique. Une berceuse pour mon Coeur troué de balles.

Mes seins. Je les ai détesté, ignoré. Maintenant, je les aimes bien. Et plus elle grandit, plus je les aime bien, car quelque part, la croissance  de Tulsi leur est due. La croissance de l’amour pour mes seins aussi, avec elle. Je me dis qu’ils ne peuvent être si mauvais ou si laids s’ils font grandir un être et s’ils en ont fait naitre un autre : une femme, mieux dans son corps, dans sa peau.

Je les touche. Je ressens un nouveau plaisir a être touchée. Une sorte de reconnection a la sensualité et je me dis pour la première fois : s’ils ressentent tout cela, c’est qu’ils sont vivants, c’est qu’ils sont beaux. Ma fille les a réveillés d’une longue insomnie, d’un long coma. Elle les a réhabilités, les a rendu dignes d’amour, dignes d’être ce qu’ils sont, et non ce que la société consommatrice a voulu d’eux qu’ils soient.

Etre touchée sur le sein puis dans le Coeur, ca rend beau.

Ca n’a rien a voir  avec la plastique soumise aux criteres cruels de la raison et d’une société débile. Non.

C’est l’interiorisation de la beauté par l’amour. Le reflet de l’amour par le sein.

Pour le sein.

 

 

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